Mise à jour : samedi 8 septembre 2007

Le rendez-vous littéraire du monde maritime

© Festival Livre & Mer


Sélection du Prix Livre & Mer Henri-Queffélec 2006
Organisation Association du Salon du Livre maritime de Concarneau

Titres en compétition :

Didier Decoin de l'Académie Goncourt, "Avec vue sur la mer".

"J'ai fait ce livre pour dire que je n'habite pas une maison mais que je suis habité par elle." Lorsqu'il était enfant, Didier Decoin a passé des vacances dans le Nord du Cotentin. Il est tombé amoureux de cette région et a consacré des années à y chercher la maison de ses rêves. Il nous raconte ici joliment se mésaventures immobilières, les péripéties inévitables liées aux travaux, les tempêtes, son jardin, les petits bonheurs du voisinage et des nourritures terrestres qu'offre ce pays normand battu par le vent et la mer. Pour un écrivain, parler d'une maison que l'on aime, c'est une autre façon de parler de soi. En passant, Didier Decoin nous offre ainsi de très belles pages autobiographiques où se mêlent la tendresse, l'humour et l'émotion.
Éditions NIL.

Érik Emptaz, "La malédiction de la Méduse".

Le 2 juillet 1816, à la tête d'une mission chargée de reprendre le Sénégal aux Anglais, la frégate "La Méduse", commandée par un vieil officier incompétent et alcoolique, échoue au large de la Mauritanie, sur un haut-fond pourtant bien connu des marins. Cent cinquante hommes qui ne pourront prendre place dans les embarcations du bord construisent un radeau de fortune, que les chaloupes remorqueront quelques milles, avant de l'abandonner en pleine mer, avec son fardeau humain. Entassés sur le radeau, de l'eau jusqu'à mi-cuisse, les naufragés périssent les uns après les autres. Tempêtes, rixes meurtrières, faim lancinante, rage de survivre et désespoir : après quelques semaines, ils ne seront plus que quinze, qui se décideront à manger l'un des cadavres... On connaît le tableau de Géricault, mais sait-on bien les circonstances de ce drame, fait divers historique qui fut, en son temps, un véritable scandale politique ?
Éditions Grasset.

Érik Orsenna, "Portrait du Gulf Stream".

Dans ma famille, de tradition catholique, nos prières se devaient de rendre hommage à Dieu (pour l'ensemble de son œuvre). Mais, tout de suite après, il nous fallait dire notre gratitude au Gulf Stream (pour la chaleur de l'eau et la tiédeur de l'air). Chaque fois que nous sortions, grelottants, de nos bains glacés de Bretagne, une grand-mère était là pour s'exclamer : "Remercie donc le Gulf Stream ! Sans lui, notre mer serait froide." Et chacune de nos promenades au jardin s'accompagnait de gloussements : "Qu'il se porte bien ce palmier, il me rappelle Alger. Qu'il monte haut cet agave, on dirait Madagascar !" Au fond, le Gulf Stream nous consolait de la perte de nos colonies. Bien des années ont passé. Et aujourd'hui mon cher Gulf Stream m'inquiète. Sa santé me préoccupe. Va-t-il un jour, bientôt, comme on le dit, s'arrêter de couler ? Qu'adviendra-t-il de la douceur de nos climats ? Longtemps, j'ai fermé les yeux. Mais le moment est venu. Je ne suis pas scientifique. Plutôt promeneur. Alors, des violents remous du détroit de Floride aux maelströms de Norvège, des rivages fleuris d'Ecosse aux abords légendaires de Nantucket, je suis allé, par les chemins de terre ou de mer, rencontrer les savants et les lieux.
Éditions du Seuil.

Jean Rolin, "Terminal Frigo".

Ayant largement passé le cap de la cinquantaine, un homme qui aurait pu devenir capitaine au long cours, jadis, s'il avait été moins paresseux, entreprend un voyage de plusieurs mois sur le littoral français. Apparemment guidé par sa fantaisie, il séjourne dans la plupart des villes présentant une activité industrielle et portuaire conséquente. À Saint-Nazaire, c'est l'époque où s'achève la construction du "Queen Mary 2", à laquelle ont contribué des hommes venus des quatre coins de la planète. À Calais, les immigrants vivent clandestinement dans l'attente d'un hypothétique passage vers l'Angleterre. À Dunkerque, alors que l'on s'apprête à détruire un bâtiment hautement symbolique de son passé, la communauté des dockers ne parvient pas à surmonter les déchirements entraînés dix ans auparavant par la réorganisation de la profession. Au Havre, la population d'un quartier enclavé dans la zone portuaire se voit peu à peu cernée et menacée d'étouffement par les conteneurs. Près de Marseille, sous le vent des usines pétrochimiques de Lavera, un hôtel condamné par les règlements de sécurité vit ses derniers jours, tandis que tout autour prolifèrent les chats errants. Et ainsi de suite. Chemin faisant, il apparaît que des souvenirs plus ou moins obscurs lient le narrateur à certains des lieux qu'il visite, et ainsi se dessine progressivement, en filigrane, une sorte d'autobiographie subliminale.
Éditions POL.


Kenneth White, "La maison des marées".

Personne mieux que le grand écrivain d'origine écossaise Kenneth White ne sait voir, aimer, raconter lieux et paysages. Depuis toujours, il collectionne les terres, les océans, les pierres, les chemins, les vents et les brumes. Il aime marcher, se perdre, faire des rencontres. Voici quelques années, il s'est arrêté sur la côte nord de la Bretagne. À la fois espace ouvert et lieu concentré, propice à la rêverie, aux promenades, à la lecture. Segalen, Chateaubriand, Renan ne sont pas très loin. Faulkner ou Kerouac lui font parfois signe, entre la visite amicale d'un géographe, d'un pêcheur ou d'un routard... Dans ce livre, Kenneth White nous raconte ses voyages immobiles, ses randonnées à travers le paysage armoricain, ses rencontres avec les fantômes de moines celtes navigateurs, ses curiosités et ses songes, au fil d'une géographie poétique de la Bretagne, merveille d'élégance, de style et de liberté d'esprit.
Éditions Albin-Michel.
Le Festival Livre & Mer remercie les éditions Albin-Michel, Grasset, NIL, POL, Seuil pour leur aimable collaboration.


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