Mise à jour : samedi 19 août 2006

Le rendez-vous littéraire du monde maritime

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Festival Livre & Mer de Concarneau

Communiqué du 15 avril 2005
Alain Jaubert, Prix Livre & Mer Henri-Queffélec
Yvon Le Men et Georges Dussaud, prix du Beau livre maritime - Crédit Agricole
« Val Paradis », le roman d’Alain Jaubert et « Presqu’une île, sentiers douaniers en Bretagne », l’ouvrage qui réunissait Yvon Le Men et Georges Dussaud sont les deux lauréats du Festival Livre & Mer 2005. C’est Vincent Villot, du collège Jean-Marie Le Bris de Douarnenez qui a remporté le concours de nouvelles…

« Val Paradis », coup d’essai, coup de maître

C’est un jeune écrivain de 64 ans qui est couronné pour cette édition 2005 : « Val Paradis » est en effet le premier roman de cet homme aux vies multiples. Tour à tour, étudiant petit bourgeois, marin au long cours, cinéaste, journaliste scientifique, critique d’art et créateur de l’émission « Palettes », Alain Jaubert se revendique éclectique, amateur (au sens de celui qui aime). Mais c’est aussi un homme d’engagements qui jure une fidélité à ses origines, à ses combats.

A 18 ans, il embarque comme pilotin sur le Provence qui faisait la ligne de l’Amérique du sud : Rio, Buenos Aires deviennent ses escales. Quelques mois plus tard, il fait son service militaire dans la marine : de la Scandinavie à l’Amérique du sud et les Etats-Unis, il enrichit son patrimoine et trouve sûrement la matière qui enrichira « Val Paradis ».

Car son premier roman est une errance : Antoine, le personnage central a vingt ans quand il découvre Valparaiso, port mythique. A travers une quête initiatique, il plonge jusqu’au bout d’un délire éthylique avant de renaître après s’être vidé de ses tripes. Son parcours est intercalé par des nouvelles qui relatent d’autres ports, des catastrophes comme l’éruption de la Montagne Pelée, des rencontres sensibles. Comme l’avoue Alain Jaubert, certaines de ces nouvelles ont été écrites en amont de Val Paradis, puis remodelées et insérées dans l’ouvrage. Val Paradis est un roman rare, exigeant, mais qui sait récompenser ceux de ses lecteurs qui ont  accepté de s’y perdre.

Val Paradis a obtenu la bourse Goncourt du premier roman. Il est aussi en lice pour le Prix du Livre Inter.

« Presqu’une île, sentiers douaniers en Bretagne », la symbiose de deux sensibilités

Qu’est ce qui peut mieux unir un poète et un photographe que le besoin de sensibilité. Car, au bout du compte, les différences sont ténues entre la recherche du grain de la photographie qui mettra en valeur la lumière d’un soleil plombé sur le sable et le choix du mot juste, adapté. C’est cette rencontre qui fait tout le sel de l’ouvrage d’Yvon Le Men et Georges Dussaud. Les deux compères nous entraînent dans leur sillage sur les sentiers de douaniers à la frontière entre terre et mer. Dans cet espace intense, surprenant, ils amènent le lecteur à redécouvrir des paysages familiers d’un autre œil.

Yvon Le Men est ancré dans les Côtes d’Armor. Il est un des rares poètes français à vivre de sa plume. Issu d’une famille modeste mais armée d’une solide curiosité intellectuelle, Yvon Le Men écrit ses premiers textes dès 1971. Il est animé d’une foi militante qui ne le quittera pas et lui permettra de tracer un sillon rectiligne. Aujourd’hui, il anime des soirées dans son fief de Lannion. Viennent chez lui des auteurs comme Andrée Chedid, Jean Rouaud et bien d’autres.

Georges Dussaud est quant à lui, un photographe réputé. Il a réalisé nombre de reportages sur le Portugal qui valent d’être régulièrement exposé à Lisbonne. Installé à Chateaugiron, non loin de Rennes, il n’hésite jamais à prendre son sac pour capter les lumières des côtes d’Irlande ou du Portugal, mais aussi de l’Inde. C’est son troisième ouvrage en commun avec Yvon Le Men.

Vincent Villot, auteur de la nouvelle « Le choix »

« Je suis sur la colline dominant la plage, là où il y avait mon ancien bunker. Tout est calme, tout est muet, tout est gris ; il n’y a ni horizon, ni contour et comme au premier jour, nul n’aurait pu dire où commence le ciel. Le vent fait voler les cheveux, puis je descends sur la plage. L’eau si pure des vagues vient s’abattre sur les rochers. Je m’assois et je parle…

… Marine avait-elle eu raison de me dire que je la quittais pour la mer ? Après que cette idée ait hanté ma tête, je ne pense plus à rien. Je me déshabille et me jette à l’eau. »


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Pierre-François Bonneau
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